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Le buisson des espèces humaines et la diversité génétique

Entre les nouvelles disciplines comme la paléo-génétique, la paléo-néurobiologie et l’accroissement des fouilles préhistoriques, les connaissances sur nos plus anciennes origines ont bien avancé ces dernières années. À une vision linéaire de l’évolution s’est substituée une vision buissonnante, qui est d’une grande complexité.

© Sandrine Prat, MNHN, Inrap

© Sandrine Prat, MNHN, Inrap

Par exemple, vers 2-1,9 million d’années BP Homo ergaster cohabitait avec Homo rudolfensis, Paranthropus boisei, Homo gautengensis et Paranthropus robustus. Plus tard, vers 100 000 ans BP, Homo Sapiens a cohabité avec Homo Neandertalensis, Homo Denisovensis, Homo Floresiensis et Homo Luzonensis. C’est fini l’idée que l’essor d’une nouvelle espèce entraîna l’arrêt brutal de l’espèce qui la précédait chronologiquement.

 

Les analyses génétiques ont montré qu’il y a eu des hybridations entre différentes espèces humaines, ce qui, à une époque, n’était pas considéré comme possible. Même, les recherches génomiques1 prouvent que l’hybridation était la règle, et non l’exception, dans l’évolution humaine.
Aujourd’hui on pense que l’hybridation était une force essentielle dans l’émergence des humains modernes. Nous conservons, par exemple, 1,8 % d’ADN néandertalien et un peu d’ADN dénisovien et de l’ ADN d’autres espèces… Ce qu’il faut comprendre maintenant, c’est pourquoi toutes les autres espèces se sont éteintes et que seul Homo Sapiens a survécu. En biologie, la disparition non seulement d’une espèce mais aussi des gènes et d’un écosystème est considérée comme une perte grave pour la biodiversité. La diversité des gènes est, en effet, également importante. Prenons l’exemple des différentes races de chiens: elles forment une seule espèce, canis lupus. Si toutes les races disparaissent, à l’exception d’une seule, l’espèce subsiste, mais une grande partie de la diversité génétique et fonctionnelle aura été perdue. La diversité génétique est essentielle à la continuité de la vie. La perte de la diversité génétique du genre Homo est donc étonnante et nous ne pouvons pas prévoir toutes les conséquences futures…

 

  1. génétique des populations: voir l’article dans ce blog [↩]
Laura Battini
Laura Battini
Chargée de Recherche au CNRS (UMR 7192 – PROCLAC, Paris), spécialiste d’architecture et d’iconologie syro-mésopotamienne

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Laura Battini (10 août 2023). Le buisson des espèces humaines et la diversité génétique. Sociétés humaines du Proche-Orient ancien, ISSN 2606-7587. Consulté le 17 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/b5p7


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